13 janvier 2026

Retour sur la présentation de notre étude sur le mal-logement chez les HsH et personnes trans* concerné·es par le travail du sexe/la prostitution

Le jeudi 18 décembre 2025, Alias a organisé une après-midi entièrement dédiée à la présentation de son étude : « Entre absence de chez-soi et recherche de stabilité : Parcours de mal-logement chez les HsH et personnes trans* concerné·es par le travail du sexe et/ou la prostitution ». Retour sur l'évènement.

 

Pourquoi cette étude ?

Depuis plusieurs années, la question du logement est au cœur des préoccupations des bénéficiaires accompagné·es par Alias : des personnes trans* et des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HsH) en échange d’argent ou de services. Plus qu’un simple toit, le logement est pour beaucoup à la fois un espace de vie, un lieu de travail et un facteur clé de sécurité, d’autonomie et de stabilité.

Face aux constats récurrents de mal-logement et de sans-abrisme rencontrés lors des accompagnements, Alias a mené, en partenariat avec l’Université libre de Bruxelles (ULB), une recherche qualitative afin de mieux comprendre les liens entre logement, travail du sexe et conditions de vie. Cette étude a été réalisée par Mauro Striano, ancien coordinateur d’Alias, et Ana Daniela Dresler, chercheuse en études urbaines à l’ULB, spécialiste des inégalités socio-spatiales et de la vulnérabilité en milieu urbain.

Fondée sur les témoignages de personnes concernées, l’étude met en lumière des formes de précarité résidentielle encore peu documentées, souvent regroupées sous le terme de « sans-abrisme caché ». Ces situations, largement invisibles dans les statistiques officielles, ont été analysées à l’aide de la grille ETHOS Light (FEANTSA, 2017), adaptée au public d’Alias. Les résultats de cette recherche ont été présentés publiquement le 18 décembre 2025 à la Tour à Plomb, suivis d’une table ronde réunissant acteur·ices associatifs et institutionnels.

 

Les constats de l’étude

En 2024, 74 % des bénéficiaires d’Alias sont confronté·es à une situation de mal-logement ou de sans-abrisme, le plus souvent sous des formes précaires et instables, telles que l’hébergement chez des tiers, les logements utilisés comme lieux de travail ou des solutions temporaires. Ces situations ne sont pas ponctuelles mais s’inscrivent dans un phénomène structurel, alimenté par des discriminations multiples (transphobie, homophobie, racisme, stigmatisation du travail du sexe), par la complexité des démarches administratives et par des refus d’accès au logement, y compris lorsque les personnes disposent de ressources financières.

Cette instabilité résidentielle impose souvent un nomadisme contraint et a des conséquences directes sur la santé physique et mentale. Faute de logement stable, de nombreuses personnes exercent leur activité là où elles vivent, ce qui accentue les risques en matière de sécurité, de santé et renforce la stigmatisation. Les solidarités communautaires et les réseaux de pair·es jouent un rôle central pour faire face à ces difficultés, mais ils restent fragiles et insuffisants pour compenser l’absence de réponses structurelles. À l’inverse, l’accès à un logement stable apparaît comme un levier essentiel pour améliorer le bien-être, réduire la pression économique et ouvrir des perspectives d’émancipation et de projets de vie.

 

Quelques idées clés issues de la table ronde

La table ronde organisée à l’issue de la présentation a permis de prolonger les constats de l’étude par une réflexion collective. Plusieurs intervenant·es ont souligné l’importance, pour les institutions, de continuer à s’interroger sur leur rôle dans la production de formes de violence, d’exclusion et de discrimination, souvent devenues des normes implicites dans les dispositifs existants.

Il a également été rappelé que des réseaux comme la FEANTSA cherchent à collaborer davantage avec des associations spécialisées afin de mieux couvrir l’ensemble des situations de mal-logement, y compris celles qui restent invisibles ou marginalisées. Ces partenariats sont essentiels pour mieux prendre en compte la diversité des parcours et des besoins.

 

Pour aller plus loin

 

 

Avec Adrienne Van Vyve (Infirmiers de Rue asbl), Guilhem Lautrec (Alias asbl), Ruth Owen (FEANTSA), Amandyne De Coster (Le Refuge LGBTQIA+), Thibaud Collignon (AIS Quartiers) et Eric Husson (Bruss’help)

Avec Adrienne Van Vyve (Infirmiers de Rue asbl), Guilhem Lautrec (Alias asbl), Ruth Owen (FEANTSA), Amandyne De Coster (Le Refuge LGBTQIA+), Thibaud Collignon (AIS Quartiers) et Eric Husson (Bruss’help).

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